CORBIN DAVID maître charpentier du roi né au Canada vers 1684 fils de David Corbin boucher et de Marie Parent - il épousa à Québec le 28 février 1707 Marie-Jeanne Faveron dont il eut sept enfants puis dans la même ville le 12 février 1719 Geneviève Gariépy - inhumé le 2 octobre 1755.
David Corbin et deux de ses fils. Étienne et Joseph-Marie se sont illustrés en participant au programme de construction navale du roi durant les années 1730 et 1740. David Corbin avait semble-t-il appris de son beau-père Joseph Rancourétier de charpentier tandis qu’il avait été initié à la construction navale par Fabien Badeau son beau-frère.
Avant de contracter mariage en 1707 David Corbin avait voyagé en 1705 dans la région de Détroit pour le compte de la Compagnie de la Colonie. Il était encore un jeune homme lorsqu’il se fit remarquer par l’administration - une dépêche de 1744 le mentionne comme « un contre maître charpentier attaché au service [de sa majesté] en cette qualité depuis quarante ans ». Il fut nommé maure charpentier du roi en janvier 1722 par l’intendant Michel Bégon « pour travailler à la construction et radoub des Canots et batteaux de Roy veiller à la conduite des desd. ouvrages [...] faire choix et couper les arbres nécessaires » à leur construction et inspecter les madriers mâts et autres pièces de bois que les entrepreneurs envoyaient en consignation en France à Rochefort. Corbin recevait 50i par mois de la couronne mais il avait également le temps de travailler à son compte.
La correspondance officielle fait surtout mention de ses travaux à l’extérieur de Québec. En 1724 il se rendit à Baie-Saint-Paul où il accompagna une équipe envoyée officiellement pour vérifier si les pins de l’endroit pouvaient servir àbrication de mâts. Après 1730 alors que la couronne encourageait activement la construction navale tant publique que privée en Nouvelle-France les autorités confièrent de plus en plus de mandats de ce genre. Corbin parcourut les régions de Montréal du lac Champlain et autres en 1733 1735 et chaque année de 1739 à 1745 à la recherche de pin et de chêne. II devait choisir et marquer les arbres. En 1740 1744 et 1746 il fut chargé de surveiller les bûcherons et charpentiers qui préparaient le bois pour les chantiers navals. Même si le principal constructeur de navires du roi à Québec René-Nicolas Levasseur* pouvait en fournir les spécifications l’exécution des travaux relevait dans une large mesure des entrepreneurs privés. C’est ainsi qu’en 1740 par exemple Corbin reçut l’ordre de surveiller l’entrepreneur privé Pierre Lupien dit Baron qui recrutait équipait et entretenait ses propres bûcherons - Corbin devait voir à ce que son commis enregistre les quantités de bois produit par eux et fasse la liste des approvisionnements fournis par Baron - il devait aussi faire parvenir des rapports hebdomadaires au commissaire ordonnateur à Montréal. En 1744 les Corbin furent vivement offensés lorsqu’un charpentier français du nom de Chiquet fut nommé contremaître du chantier naval au Canada par la couronne. Étienne Corbin était contremaître au chantier naval de Québec depuis 1740 et il avait priorité sur Chiquet quant à l’ancienneté. L’intendant Gilles Hocquart* tenta d’apaiser la jalousie de Corbin en sollicitant la même faveur pour ce « très bon sujet ». David Corbin fut recommandé pour un troisième « ordre du roi » : il n’en coûterait rien au roi et Corbin « seroit extrêmement mortifié s’il en estoit privé ». Les ordres furent concédés en 1745. Selon Jacques Mathieu cette famille faisait preuve d’une fidélité peu commune chez les Canadiens et « seuls les Corbin établis au chantier dès le début devinrent contremaîtres ».
Après 1742 Joseph-Marie remplaça graduellement son père comme surveillant de la coupe du bois au chantier naval du roi. Jusqu’en 1750 il occupa les mêmes fonctions que son père dans les forêts ordinairement à l’automne et en hiver. Lol eut atteint 62 ans David comme il était normal pour un homme de son âge demeura à Québec. Joseph-Marie fut nommé maître charpentier du roi probablement après la mort de son père en 1755 mais il mourut à son tour deux ans plus tard.
Dans son histoire de l’industrie en Nouvelle-France Joseph-Noël Fauteux affirme que l’« on devait au dévouement inlassable de [René-Nicolas] Levasseur et de ses fidèles maîtres charpentiers les Corbin les progrès réalisés dans l’industrale au Canada ».
Peter N. Moogk
AN. Col. B 81 p. 149 - Col. C11A 46 pp. 210–218 - 60 pp. 188–191 - 73 pp. 65–68 - 74 pp. 206–211 - 75. pp. 353–355 - 81 pp. 399.401 - 105 pp. 288s. copies aux APC.— ANQ Greffe de Gilbert Boucault de Godefus 30 janv. 1751 - Greffe de Louis Chambalon 28 avril 1705 24 févr. 1707 26 févr. au 11 mars 1709 - NF Coll. de pièces jud. et not. 734 1/4 3 037 - NF Ord. int. passim.— ANQ-M Greffe de Cyr de Monmerqué 14 févr. 1757.— Jug. et délib. III V passim.— Recensement du Canada 1681 Sulte.— Recensement de Québec 1716 Beaudet.— Recensement de Québec 1744 RAPQ.— P.-V. Charland Notre-Dame de Québec : le nécrologe de la crypte BRH XX 1914 : 237.— P.-G. Roy Inv. ins. Prév. Québec I : 166 - II : 173 : Inv. jug. et délib. 1717–1760 I : 190s. 275 295 - Inv. ord. int. I II III passim.— Tanguay Dictionnaire.— J.-N. Fauteux Essai sur l’industrie I : 201 251 253 259 263 266s.— Mathieu La construction navale 57s.— P.-G. Roy L’hon. René-Ovide Hertel de Rouville BRH XII 1906 : 129–131.